D’une superficie de 462 km², les Vallées d’Andorre sont entourées d’une chaîne continue de montagnes de près de 3.000m d’altitude. Le point le plus bas vers la France est le Col d’Envalira (2.407m) alors qu’une brèche naturelle, la Vallée du Valira, mène vers la Seu d’Urgell et la Catalogne. La population est actuellement de 78.549 habitants (dont
36 % d’Andorrans, 35,70 % d’Espagnols, 14,40 % de Portugais, 6,5% de Français).
Elle est répartie en sept paroisses : Canillo, Encamp, Ordino, La Massana, Sant Julià de Loria, Les Escaldes-Engordany et Andorre-la-Vieille.
Monnaie utilisée : l’euro depuis le 2 janvier 2002.
Langue officielle : catalan. Trilinguisme traditionnel (catalan, castillan, français), mais importance croissante du castillan.
Au IXe siècle, les Vallées d’Andorre faisaient partie du Comté d’Urgell alors sous souveraineté carolingienne. En 988, elles furent attribuées à l’Evêque d’Urgell. Celui-ci les céda en fief aux seigneurs Caboët au début du XIe siècle en échange de leur appui contre les seigneurs voisins.
Les Comtes de Foix, qui héritèrent de cette seigneurie des Caboët par mariage, entrèrent en rivalité avec l’Evêque d’Urgell pour imposer leur suzeraineté. Une intervention du roi d’Aragon aboutit au premier acte de paréage (8 septembre 1278) qui attribua aux deux Seigneurs (l’Evêque d’Urgell et le Comte de Foix) des droits identiques sur l’Andorre. Le Pape Martin IV dut établir un deuxième paréage en 1288 pour confirmer le régime de co-suzeraineté. Les droits du Comte de Foix passèrent au cours des siècles à la couronne de France (Henri de Navarre) et, enfin, au Président de la République.
Les Andorrans obtinrent plus tard des Co-Princes le droit de s’administrer : création en 1419 du Conseil de la Terre qui deviendra, au XIXe siècle le Syndic des Vallées, puis le Conseil Général (Parlement) depuis l’indépendance des Vallées.
L’expansion économique d’Andorre depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la nécessité croissante d’intégration dans la vie internationale, le besoin de donner un cadre juridique aux relations entre les pouvoirs institutionnels, ont incité les Andorrans à demander dès les années 70 une réforme des institutions aux CoPrinces.
Le 15 janvier 1981, un décret des CoPrinces a défini les grandes lignes de cette réforme tout en créant un Conseil Exécutif composé d’un Chef de Gouvernement entouré de 4 à 6 Conseillers (Ministres) En 1989, les dirigeants andorrans se sont prononcés à l’unanimité en faveur de l’élaboration d’une Constitution. Le texte de la Constitution a été soumis à référendum et adopté par 74,20% des voix, le 14 mars 1993. La Constitution est entrée en vigueur le 4 mai suivant.
Andorre a été admise le 29 juillet 1993 aux Nations-Unies et en novembre 1994 au Conseil de l’Europe. Elle est membre de l’OSCE. Elle a été admise avec le statut de membre associé à l’O.I.F. lors du sommet de Ouagadougou (Novembre 2004). Un accord signé le 28 Juin 1990, renouvelé le 1er Janvier 1996, associe la Principauté à la CEE avec des particularités avantageuses : union douanière industrielle sauf pour le tabac, régime pays tiers pour l’agriculture, franchises touristiques. Deux nouveaux textes ont été signés le 15 Novembre 2004 avec l’UE : l’accord sur la fiscalité de l’épargne et l’accord de coopération.
Un traité tripartite signé le 3 juin 1993 avec la France et l’Espagne permet à la Principauté, reconnue comme un Etat indépendant, d’instaurer des relations diplomatiques harmonieuses et équilibrées avec ses deux voisins. Ce traité lui apporte en outre une garantie en cas de menace ou de violation de sa souveraineté ou de l’intégrité de son territoire, et la faculté de se faire représenter en pays tiers par la France et l’Espagne.
Deux autres conventions trilatérales, signées le 4 décembre 2000 et entrées en vigueur en 2003 (Circulation, séjour et établissement de leurs ressortissants, Circulation et séjour en Andorre des ressortissants des Etats tiers) sont venues compléter le dispositif.
PIB : 1.9 Milliards d’euros (chiffre non officiel)
PIB/Hab : 29.000 € (chiffre non officiel)
L’économie andorrane repose essentiellement sur le commerce, le tourisme (11 millions de visiteurs/an) et la construction immobilière. L’agriculture a virtuellement disparu (élevage résiduel + tabac). L’industrie est peu développée.
Croissance : 2,5% en 2003, 4% en 2004. Signes d’essoufflement dans les secteurs touristique et commercial, mais dynamisme soutenu dans la construction.
Devise : l’euro, depuis le 2 Janvier 2002 (auparavant la peseta et le franc).
Commerce Extérieur : Importations 2004 : 1,411 Md.€ Exportations 2004 : 98,2 Md.€
Répartition géographique des importations andorranes
| 1993 | 2004 | |
| France | 35% (253M€) | 22% (317M€) |
| Espagne | 35.5% (269 M€) | 51% (726M€) |
M€ correspond à million d’euro.
Héritage de 7 siècles, l’institution des CoPrinces a créé entre notre pays et Andorre des liens spécifiques. Le Co-Prince français a toujours représenté un élément d’équilibre face à l’importance du rôle de l’Espagne, au plan économique notamment. La France est représentée en Andorre par un ambassadeur résident depuis septembre 1993. De même, un ambassadeur d’Andorre a été nommé à Paris en avril 1995.
Un dispositif éducatif français important a été mis en place depuis plus de 20 ans. Il a été confirmé par la convention franco-andorrane du 19 mars 1993, reconduite pour 10 ans le 24 septembre 2003 : 14 écoles élémentaires et primaires, un lycée-collège (Comte de Foix). L’ensemble emploie 252 enseignants et accueille environ 3.600 élèves, soit 36,3 % de la population scolaire du pays.
Le commerce franco-andorran en 2004 porte sur 317 Meuros d’exportations françaises et 23 Meuros d’importations. La Principauté est notre 62ème client. L’évolution positive de nos ventes en valeur absolue (+ 35% en 10 ans) recouvre malheureusement une évolution négative en pourcentage. C’est ainsi que nos exportations ne représentent plus que la moitié de celles de l’Espagne, alors que nos deux pays étaient à égalité il y a 10 ans. Ce recul s’explique à la fois par le différentiel de prix entre nos deux pays et par le comportement commercial particulièrement agressif des Espagnols. Son importance doit toutefois être relativisée compte tenu de la tendance croissante d’un certain nombre d’entreprises françaises à couvrir le marché andorran par l’intermédiaire de distributeurs espagnols.
L’origine de la communauté française remonte aux années 60. Nos ressortissants travaillent pour l’essentiel dans l’enseignement, les banques, le commerce, l’hôtellerie et la restauration. 30% d’entre eux sont retraités. Le nombre des Français (5.104) reste toutefois modeste au regard de la présence espagnole (27.638), facilitée par le besoin de main-d’oeuvre consécutif au développement économique des 30 dernières années, ainsi que par la géographie et la proximité culturelle et linguistique. La deuxième communauté en nombre étant la portugaise avec près de 12.790 personnes.
